Une page se tourne pour les JSA et Danielle Fortin
Après 43 ans d’engagement au sein de la Maison de Quartier, l’heure de la retraite a sonné pour Danielle Fortin, directrice adjointe des JSA et directrice de la Maison des 5 Sens. Retour avec elle sur ces années passionnantes.
Comment es-tu arrivée aux JSA ?
Je suis bibliothécaire pour enfants de formation. En 1983, lors de la création de la Maison de Quartier, nous avons ouvert une bibliothèque au sein des JSA. Ce fut le tout début de l’aventure culturelle.
En tant que bibliothécaire, j’étais déjà très tournée vers l’animation, c’est pourquoi quelques années plus tard, Jean-Louis David et Marie-Noëlle Lopenague, les dirigeants de l’époque, m’ont proposé de prendre le poste de directrice adjointe à la culture. C’est ainsi que j’ai géré l’école de musique, de danse, les arts-plastiques, le théâtre. J’ai également continué la collaboration avec la bibliothèque. On organisait alors des évènements, des expositions, des rencontres avec les auteurs, des concerts, des galas de danse, des spectacles de théâtre… L’idée était de croiser les activités, de mettre les personnes en lien autour de projets fédérateurs.
Peux-tu citer un de tes meilleurs souvenirs ?
Il s’agit de l’exposition sur le thème des animaux de la ferme en 1989. Nous étions alors jeunes, ambitieux et nous n’avions peur de rien ! Nous avons d’abord recréé une ferme dans la bibliothèque avec de faux animaux. Mais on ne trouvait pas cela assez drôle ! Alors nous nous sommes mis en lien avec la ferme des Aubiers qui a accepté de nous prêter des poules, des poussins, des lapins et une chèvre. Jacques Chaban-delmas, alors maire de Bordeaux, était présent lors de l’inauguration et a été bien surpris de voir une vraie chèvre dans ce lieu !
L’exposition est restée un mois durant lequel nous prenions soin des animaux. Et pendant ce temps, les poussins sont devenus des poulets et la lapine a donné naissance à ses petits ! Cet évènement a créé du lien et de la cohésion entre tous les acteurs de Saint-Augustin. Tout comme lors des grandes fêtes de quartier : 1900, le bicentenaire de la Révolution française, les carnavals, la fête des fleurs… Heureux souvenirs, c’était beau et on s’y sentait bien !
Quel projet t’a le plus enthousiasmée ?
La création de la Maison des 5 Sens. C’est le plus beau projet de ma carrière. Nous avons tout conçu de A à Z. L’objectif était de créer un lieu culturel ouvert aux adultes du quartier, une véritable maison avec son jardin, sa cuisine équipée, sa salle d’exposition, ses ateliers. On a voulu proposer cet endroit convivial, ouvert sur l’échange, la créativité et la technicité. Pour élaborer ce projet, j’ai bénéficié d’une grande confiance et d’une grande liberté de la part de mes dirigeants. Mais bien sûr, je n’étais pas seule, il faut savoir s’appuyer sur les compétences des autres. J’ai toujours travaillé en équipe avec mes collègues et des bénévoles. Compter sur ces derniers fait partie de mes valeurs associatives.
Qu’est-ce que ta carrière aux JSA t’a apporté ?
Ce qui me vient instinctivement à l’esprit, c’est « grande famille » avec tout ce que ça comporte : de grands moments de bonheur comme de tristesse. De belles rencontres également et particulièrement enrichissantes. Grâce à elles, j’ai pu évoluer professionnellement.
Quels sentiments t’animent à la veille de ce départ ?
C’est un mélange de nostalgie et de souvenirs heureux. Mon cœur me dit que ça va être dur mais ma raison me rappelle qu’il est de temps de partir. J’ai eu la chance d’avoir une vie professionnelle tournée vers le relationnel et c’est ce que j’ai le plus aimé dans mon métier !
Que souhaites-tu pour l’avenir des JSA ?
Que les valeurs des JSA perdurent : l’esprit de famille, la solidarité, l’attention portée aux autres, la cohésion sociale. Qu’elle reste un lieu fédérateur ouvert à tous avec un brin de fantaisie et de la créativité pour évoluer et se projeter vers demain.
Quelle sera la suite pour toi ?
Je reste dans le milieu associatif. En tant que Présidente de l’Ecole des chiens-guides Aliénor-Bordeaux, je vais poursuivre mon engagement auprès des personnes déficientes visuelles, en étant encore plus active, notamment sur le plan national.